Déclaration CGT au CE Extraordinaire Siège du 6 septembre 2018

Dégradation du climat de travail et ses conséquences sur les salarié-e-s

 

Exposé de la situation par les élus CGT

Point de départ de cette demande de CE Extraordinaire, le licenciement arbitraire et expéditif de deux journalistes, sans conseil de discipline :

Hélène RISACHER, directrice adjointe des magazines. Elle n’a commis aucune faute, n’a reçu aucun reproche de sa N+1. Elle a assumé la politique de FTV devant ses équipes et juste émis des réserves en interne, sur les conséquences des réductions d’effectifs sur la qualité des magazines.

Joseph TUAL, Grand reporter à la rédaction nationale de France 3. Placardisé, on n’a jamais fait appel à ses compétences en matière de journalisme d’investigation et on a profité d’un arrêt maladie, pour le licencier.

Un climat de peur s’est installé dans les Rédactions

Des dizaines d’autres départs et licenciements se font en toute discrétion : selon le bilan social 2017, au siège il y a eu 28 démissions + 26 ruptures conventionnelles + 23 licenciements dont on ne connaît pas la cause. Les salariés et les cadres ont compris – surtout  après le licenciement d’Hélène  RISACHER – qu’il fallait la boucler, ne jamais critiquer, toujours approuver, tout en se demandant « qui sera le suivant ? »

Un quotidien destructeur et qui mine les salariés

Il y a aussi le quotidien, avec des chefs qui « parlent mal » qui se comportent en petits dictateurs, les conférences critiques qui tournent à des séances d’humiliation. Les journalistes en reportage, sont harcelés au téléphone par leurs chefs qui leur dictent ce qu’il faut faire et dire.

On a aussi dénoncé de multiples fois les séances de « torture » en salle de montage avec des chefs de service et rédacteurs en chefs qui dictent le commentaire, imposent le montage, exigent une V2, une V3, une V4.

Exemple, cet été avec une consœur de France 3 qui a reçu l’humiliation de sa vie dans une salle de montage du 20 h ! Cette journaliste a fait des tas de sujets pour le 19/20, mais n’est certainement pas au niveau d’excellence du 20 h !

Il y a les reportages rêvés dans la tête des rédacteurs en chef et qu’on impose aux reporters, les lubies ou la page 8 du Parisien qu’il faut tourner dans l’urgence, les ordres et contre-ordres en reportage, les reportages annulés à la dernière minute, les sujets prévisibles décidés en catastrophe.

La taylorisation du travail : des journalistes et les équipes de reportage sur le terrain auxquels on demande de tourner les éléments ou des plateaux pour les directs et qui sont de plus en plus dépossédés de leurs prérogatives professionnelles.

Les amplitudes de travail explosent

Suite aux restrictions budgétaires, au non remplacements de départs, au renvoi des CDD et à la création de France Info, la charge de travail s’est considérablement accrue.

Les équipes sont sous pression, enchaînent reportage sur reportage, les journées de 10 à 11 h soit plus de 50 h par semaine sont la norme, la fréquence des permanences week-end qui augmente. Le forfait jours permet tous les excès puisque la direction n’exerce aucun contrôle sur le respect de l’équilibre vie professionnelle et vie personnelle.

Le casting du 20 h : Toujours une réalité

A l’opposé de ce flux tendu, il y a des dizaines de journalistes mis au placard ou marginalisés. Au 13 h ou du 20 h, il y a des noms qu’on n’entend jamais.  Est-ce normal ce casting du 20 h qui perdure avec des dizaines de journalistes interdits d’anten-ne ? Dans une même rédaction, sur les 8 premiers mois on voit des journalistes figurer 150 fois au conducteur et d’autres une dizaine ou une vingtaine de fois seulement.

Tous les secteurs sont concernés

Dans tous les secteurs on retrouve de multiples cas de victimes des mauvais comportements de leurs chefs ou de mauvais choix. Toute la filière édition et les scripts viennent d’en faire les frais, avec perte de sens au travail, la déqualification. Les réorganisations issues d’Info 2015 à la vidéothèque, à la documentation, à l’infogra-phie, dans les services techniques et administratifs se soldent par des déqualifications, par un accroissement des amplitudes de travail, par des pertes de salaire.

Nier la réalité n’est pas une solution

De nombreux rapports ont fait ces constats, notamment le rapport Vacquin. Les médecins du travail, les assistantes sociales aussi en ont fait état. Nous élu-e-s du personnel ne cessons de vous alerter.

La présidente de FTV, Delphine Ernotte, elle-même dans projet stratégique présenté au CSA le 24 mars 2015 écrivait

 « Un climat de défiance est source d’inefficacité et d’appauvrissement. La perte de confiance peut conduire à une crise sociale rampante Elle débouche généralement aussi sur la démobilisation des uns face à la suractivité des autres et donc sur l’exacerbation des conflits internes »

 

Depuis cette déclaration de Mme ERNOTE, il y a plus de  3 ans, rien n’a changé. La direction ne peut rester dans le déni de la réalité, il faut avancer. Qu’est-ce qu’on fait pour que ça change vraiment, pour le bien être des salarié-e-s et dans l’intérêt de l’entreprise ? Et dans un contexte de réduction de nos budgets et de l’emploi.

  • La direction s’engage-t-elle à concrétiser ses nombreux engagements en matière de qualité de vie au travail, de diversité, de lutte contre les discriminations, d’égalité envers les seniors, les femmes et les hommes ?
  • A-t-elle la volonté de changer radicalement l’atti-tude de l’encadrement. De mettre fin aux mises à l’écart de certains.
  • Il faut une action volontaire de réduction des amplitudes de travail de ceux qui sont trop sollicités, avec implication active des chefs de service. La réduction des  amplitudes de travail concerne aussi les encadrants de même que la lutte  contre le présentéisme
  • Il faut un véritable droit à la déconnection. L’ingérence de groupe WhatsApp jusque dans le temps privé des salarié-e-s est un facteur aggravant.
  • L’urgence d’une politique d’augmentations individuelles équitables doit s’imposer en rupture avec les pratiques discriminatoires.
  • La CGT demande aussi de revoir les réorganisations du travail qui portent atteinte à la qualité de vie des salarié-e-s et à leurs rémunérations.

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