Préambule CGT CSE Siège du 1er décembre 2021

Remettre le service public au centre

Ce 30 novembre l’immense majorité du personnel de la rédaction numérique franceinfo.fr a mené une grève exemplaire à l’appel du Snj CGT et du Snj. Le jour choisi, celui du débat entre les candidats à l’investiture LR, n’est pas anodin pour dénoncer l’absence criante de moyens humains, les dégâts du forfait-jour et l’épuisement d’une rédaction de jeunes journalistes face à une charge de travail qui ne cesse de s’alourdir à l’approche des élections présidentielles.

Alors que le budget de la culture augmente sur toutes ses lignes pour 2022, seul celui de l’audiovisuel public est en baisse de 0,5 %. FTV verra sa part de redevance reculer de plus de 14 M€, alors que le maintien de France 4 coûtera de l’ordre de 30 M€, que la dotation pour le plan de relance de 45 M€ n’est pas reconduite, et rien ne viendra compenser une inflation qui redémarre en flèche… C’est près de 100 M€ qui vont manquer en 2022 dans les caisses de la télévision publique.

Tout cela pourrait conduire la présidente de FTV à annoncer un budget en déficit pour 2022 au prochain conseil d’administration, chose qui n’avait jamais été faite, sauf au lendemain de la suppression de la publicité en soirée par Nicolas Sarkozy. La macronie supportera-t-elle cet affront à la doxa de son orthodoxie budgétaire pour FTV ? Sommes-nous à la veille d’une crise de gouvernance à la tête de l’entreprise ? 

Au Siège en tout cas, la crise sociale couve dans de nombreux secteurs comme en témoignent les sujets conflictuels qui émaillent nos débats en CSE depuis plusieurs mois. Les salariés n’en peuvent plus des plans d’économie, des chantiers de transformation dont la seule constante est la réduction obsessionnelle des ETP.

La réorganisation du CDE, la gestion calamiteuse du transfert à FTV Studio, l’alerte pour risque grave au PC Info, le projet de rationalisation de l’éclairage des plateaux du Siège, le temps de travail à la direction de l’info, les conditions d’emploi des chargés d’édition, la planification autoritaire des monteurs itinérants… Combien de points de friction qui n’attendent qu’à se transformer en conflit ouverts, comme à franceinfo.fr ?

L’année qui s’annonce va être compliquée avec la pandémie qui n’en finit pas de rebondir alors que les besoins de service public audiovisuel n’ont jamais été aussi vitaux face aux plateformes mondialisées, aux regroupements des opérateurs privés et aux rengaines moisies de l’extrême droite distillées chaque jour aux heures de grande écoute dans les médias aux mains des milliardaires.

Face à la facho sphère qui ne cesse de faire entendre sa petite musique nauséabonde, oriente les débats, s’insinue dans les têtes en martelant ses thèses racistes, xénophobes, misogynes, homophobes, déclinistes, sécuritaires, le triptyque historique du service public informer, éduquer, distraire, doit vivre et rayonner.

Ce sont ces enjeux que nous comptons bien imposer lors des élections présidentielles pour remettre les valeurs du service public au centre, tant dans l’entreprise que dans nos programmes populaires et de qualité.

Paris, le 1er décembre 2021

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