Préambule CGT CSE Siège du 21 mars 2019

Fin du grand débat, fin de la négociation RCC : et après ?

Les directives de Bercy ne font ni un projet politique…

A l’instar du grand débat censé répondre aux exigences de justice sociale exprimées par les gilets jaunes, la négociation RCC censée répondre aux besoins de transformation de l’entreprise à l’ère du numérique arrive à son terme.

On connaît déjà la ligne adoptée par le grand timonier de la République : ne pas dévier d’un pouce de sa politique au profit des hyper riches car, comme il l’avouait sans fard à la soixantaine d’intellectuels réunis lundi soir à l’Élysée : « les inégalités et l’importance de l’héritage sont un dysfonctionnement du capitalisme contemporain » (…) « mais si j’ouvre ce débat, je tue la politique que je mène. »… Aveu sidérant d’allégeance à un système que lui-même semble juger néfaste.

On ne touchera donc pas aux fondamentaux du système, les écarts continueront à se creuser et 80% de la richesse mondiale continuera d’aller aux 1% les plus riches.

ni un projet d’entreprise…

Côté France Télévisions, la logique issue de « la honte de la République » poursuit ses effets mortifères avec son plan d’économie drastique de 400 M€ à réaliser d’ici 2022 et sa traduction sociale par la destruction de 1000 emplois sur la même période à travers le projet de rupture conventionnelle collective (RCC).

Dans le même temps la restructuration se poursuit. La direction n’a pas caché son intention d’accélérer le virage numérique, la réduction de l’offre d’information nationale de France 3 à la portion congrue (suppression de Soir 3 dont la fabrication serait confiée à la Chaine Info), le transfert à la filiale FTV Studio (ex MFP) des 7 émissions de flux actuellement produites et fabriquées en interne, la centralisation de la diffusion des antennes depuis le CDE (fermeture de Varet), l’utilisation des évolutions technologiques (automatisation des régies, mise en place du MOJO, Aviwest, TVUPack etc.) contre l’emploi et les conditions de travail, la poursuite de l’aberrant projet de déménagement d’une antenne régionale (Paris Ile de France) au Siège…

De nombreux combats à mener que la CGT a tenté de synthétiser dans sa contre-proposition alternative au projet de RCC, pour une GPEC de progrès, que nous invitons vivement la direction à réexaminer dans l’intérêt de notre entreprise et de ses salariés.

Un dialogue social entravé par les tracasseries procédurières

Et par ailleurs, nous déplorons un dialogue social meurtri dans l’entreprise, des heures de délégation réduites, un nombre de représentants, d’élus ou de réunions en baisse. La fusion des instances soit disant conçue pour promouvoir un dialogue social moins formel, plus opérationnel, est loin de convaincre. Nous en sommes encore, 6 mois après les élections professionnelles, à batailler pour obtenir des moyens en locaux, en crédits d’heures, pour obtenir le détachement de nos suppléants…

La volonté du gouvernement à travers les Ordonnances était de passer d’un droit social administré à un droit social construit sur le terrain par un dialogue social au plus près des problématiques. On en est loin. On a l’impression que les Ordonnances auront surtout poursuivi le but de diminuer les coûts de la représentation du personnel, de professionnaliser les élu-e-s et mandatés, sans vraiment se préoccuper du devenir professionnel de ces mêmes représentants du personnel…

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