Préambule CGT CSE Siège du 6 décembre 2018

GARE A LA DECONNEXION

La déconnexion du petit monde « macronien » d’avec la France réelle est évidente. Alors que partout se manifestent les signes de la colère et de la détresse sociale, le jupitérien président ignore l’urgence, tergiverse, se drape dans son arrogant mépris, coupé qu’il est de la souffrance de la population.

Les mots d’ordre qui remontent du terrain ont pour point commun, derrière leur côté disparate, un rejet total de la politique menée par Emmanuel Macron depuis son arrivée à l’Élysée il y a un an. Tout ce que les syndicats expriment en vain depuis des mois.

Pouvoir d’achat, emploi, réforme fiscale, transports, retraites, services publics de proximité… Tout pour les ultra riches, « les premiers de cordée », « ceux qui réussissent », rien pour les gueux, « ceux qui ne sont rien » en dépit du « pognon de dingue » qu’on dilapide en vain pour eux.

Pourtant les réponses qui ressortent des réunions de crise organisées dans la cacophonie gouvernementale éludent soigneusement la seule réponse possible : la justice sociale. Rien sur le rétablissement de l’ISF, le CICE (crédit d’impôt pour la compétitivité et l’emploi), la CSG, les APL… Et ce n’est pas la valse-hésitation sur les taxes, les commissions Théodule et les promesses de Gascon qui risquent de changer la donne.

Ce qui ressort, donc, c’est en premier lieu la solution sécuritaire, largement relayée par les médias surenchérissant sur le péril révolutionnaire et le climat de guerre civile. La réponse est répressive et pénale, lacrymo et flash-ball, alimentant encore plus la colère qui déborde de toutes parts.

Pourquoi cette longue introduction en ce début de CSE de décembre 2018 du Siège de France Télévisions ? Parce que ce qui se passe en dehors de l’entreprise nous concerne aussi. Parce que la direction serait bien inspirée de tirer elle aussi quelques enseignements de ce mouvement.

Parce que la déconnexion ne guette pas seulement le pouvoir politique mais aussi la gouvernance de notre entreprise.

Parce que les destructions d’emplois, la chasse aux ETP, le blocage des salaires, la réduction du périmètre public, la mise à mal de nos missions à l’heure de la montée des périls nous interpellent vivement.

Parce qu’une direction bardée de certitude, convaincue qu’aucune autre voie n’est possible que celle qu’elle a elle-même choisie, qui enchaine et met en œuvre ses réorganisations au pas de course, qui prépare les esprits à la restructuration d’une ampleur inédite, est tout aussi comptable des risques sociaux et humains qu’elle entraine. La petite musique insistante qui ressort du tchat de la présidente mis en ligne la semaine dernière ne rassure pas. Loin de là.

Alors gare à la déconnexion d’avec l’entreprise réelle, celle qui appréhende un plan social de moins en moins dissimulé. Celle des quadra et quinqua qui ont largement contribué à construire cette entreprise, jugés trop vieux, trop coûteux, trop râleurs, trop gaulois, réfractaires au changement, ceux qui font « honte à la république » et qui risquent bien de faire les frais d’une transformation bien imprudemment « vendue » par la patronne à son actionnaire… qui n’a pas la moindre intention de la financer…

Gare à ne pas se déconnecter de la souffrance des salariés qui elle aussi pourrait finir par exploser.

Paris, le 6 décembre 2018

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